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« Il n’y a pas de fin. Il n’y a pas de début. Il n’y a que la passion infinie de la vie. »
Federico Fellini

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– Edito –

Imagination III
Connaissance intellectuelle, mémoire et connaissance contemplative
Partie 2/2

 » Échappe à ce qui est. Lance toi dans les espaces vides des images (…).
Un trépied ardent te fera connaître, enfin, que tu es arrivé à la profondeur des profondeurs.
À ces clartés, tu verras les Mères. Les unes sont assises, les autres sont debout et marchent,
comme cela se trouve. Forme, transformation, éternel entretien du sens éternel!
Entouré des images de toute créature, elles ne te verront pas, car elles ne voient que les idées. »

Goethe, Faust II, 6280-6290. (traduction de H. Blaze)

Reprenons notre réflexion où nous l’avions laissée.
Peu nombreuses sont les personnes capables de maintenir une attention soutenue en étant privées de toute perception sensorielle.
Les représentations sont trop faibles et la conscience sombre alors dans une lucidité inférieure, une torpeur, comme le rêve ou le sommeil profond.
Mais si l’âme, par l’intensité de sa vie intérieure et des métamorphoses ainsi engendrées, se fait âme contemplative de son essence spirituelle et se laisse « toucher » par cette essence (et nous savons à présent que nous parlons de l’âme de conscience, seule capable de réaliser ce processus), alors la faculté représentative devient vivante et agent dynamique de l’évolution psychique.

Suite à cet attouchement du spirituel vers le psychique (et non plus seulement du corporel vers le psychique), nous parlerons de représentations dites « imaginatives » ou d’ « imaginations spirituelles », qui concernent autant le monde extérieur à l’homme que son monde intérieur, c’est à dire l’homme spirituel au sein du corps humain.

Ainsi, pouvons-nous nommer l’imagination spirituelle comme le premier degré, pour l’âme qui pose un acte contemplatif, d’accès à une réalité dépassant la simple perception sensorielle et les processus intellectuels qui en résultent. Elle restaure l’ensemble de notre fonction noétique représentative.
Elle nous enseigne que l’observation sensible ne constitue pas une réalité totale mais seulement partielle et que l’image du monde produite par les sens n’est pas fausse mais incomplète.
La nature extérieure n’est en rien responsable de cet état de fait, mais bien l’imperfection de l’organisme humain, dont le fond terrestre héréditaire jette un voile sur la perception de son être.

Il nous faut encore rappeler, ici, que la représentation, le sentiment et la volonté dépendent, en tant qu’expériences psychiques ordinaires, du miroir-instrument que constitue notre corps physique.
Mais nous savons aussi, à présent, qu’avec l’imagination spirituelle existe un monde où l’âme peut se déployer sans l’aide de cette organisation corporelle.
« C’est un grand soulagement pour le cerveau, quand la pensée a lieu en dehors du corps » témoigne Sri Aurobindo (« On Himself »)
La réalité de l’âme ne peut, en aucune façon, être réduite à son reflet.
La vie de l’âme est mouvement, métamorphose alors que son reflet est image morte et seule l’imagination spirituelle permet de recontacter cette vie de l’essence de l’âme, la réalité cachée derrière l’image qui n’entre pas dans la conscience ordinaire.

Si la perception sensorielle dont s’empare notre entendement suppose l’existence d’un monde physique (le monde des sens) accessible grâce à l’instrument corporel, alors la connaissance imaginative détachée de ce même instrument suppose l’existence d’un autre monde, comme tissé au sein du premier, et  nommé le monde imaginal par Henry Corbin, un monde où les formes imaginales sont des évènements de l’âme ancrés dans un haut niveau de conscience et de réalité et qu’il faut bien se garder de confondre avec le monde irréel de l’imaginaire ou de la fantaisie.

Les données de la Tradition spirituelle peuvent nous permettre de préciser notre propos.
L’accès au monde imaginal suppose la traversée du monde des sens. Il convient donc de parfaire la connaissance des caractéristiques propres à ces deux mondes.
La progression éducative du penser au sein du monde des sens permet à ce penser de percevoir une force agissante en ce monde là.
Cette force, active et vivante n’est autre que de la volonté.
Un océan de volonté agissante, en mouvement, imprégnant tout l’univers sensible.
Impossible de ne pas penser à Schopenhauer et à sa description de la volonté comme fond pulsionnel du monde, poussée originelle inconsciente par laquelle chaque chose aspire à être ce qu’elle est.
Si Schopenhauer a particulièrement évoqué cette volonté agissante en rapport avec le monde des sons (d’où l’importance, pour lui, de la musique), l’ensemble du monde sensible est en fait concerné.
La volonté agissante du monde physique s’écoule en nous via toutes nos activités sensorielles.
Mais si le penser, mû par la puissance de ses métamorphoses internes, réussit la traversée du monde sensible – ou de son illusion – et  se laisse toucher par la connaissance imaginative du monde imaginal, alors ce dernier se dévoile maintenant comme un monde imprégné d’une sagesse agissante (et non simplement d’une sagesse pensée), active et support d’une redécouverte, une souvenance consciente cette fois, des forces du naître et du dépérir, les forces intimes du vivant.

Se réapproprier consciemment ce patrimoine qui est fondamentalement le nôtre, suppose un combat pour l’acquisition d’un penser passé par le feu d’actes de transmutation.
En cette époque de développement de l’âme de conscience, la demande se fait puissamment urgente.
Un penser à la fois rigoureux, logique et lucide, discernant, actif et mobile.
Un penser apte à élaborer des concepts clairs et pertinents ;
apte aussi à se faire réceptacle des essences spirituelles, tout comme un artiste le ferait au moyen de son art.

Si dans le monde physique les jugements intellectuels ou scientifiques naissent des perceptions ordinaires, cette fois l’inverse se présente.
C’est bien l’élaboration aboutie de tels concepts qui va permettre, en complément de la vision physique, la perception d’images porteuses d’une fonction noétique propre : l’imagination spirituelle, agente et créatrice.

Luc TOUBIANA

Luc Toubiana développera ce thème de l’imagination créatrice à partir du mois d’octobre dans le cadre d’un séminaire dont les dates vous seront communiquées en septembre.
Cette proposition s’intégrera dans un projet plus vaste de compréhension graduelle des rapports du corps avec les forces de l’âme et les forces de santé.
Nous rappelons que ces temps de réflexion et de partage, s’ils relèvent de l’art de l’ostéopathe, s’adresse à toute personne dont le métier est en rapport avec le corps. Il s’agit de se donner des moyens de réinventer la relation au corps si mal comprise par notre civilisation occidentale.

 

– Autres pensées et participations – 

Egon Schiele, autoportrait

 » La défaite de l’Allemagne… ne suffit pas à extirper l’esprit qui s’incarne en Allemagne; elle aboutira probablement à quelque réincarnation du même esprit, ailleurs, dans une autre race ou un autre empire, et il faudra alors encore une fois livrer toute la bataille. Tant que les vieux dieux sont vivants, il ne sert pas à grand-chose de briser ou d’abattre le corps qu’ils animent, car ils savent fort bien transmigrer. L’Allemagne a abattu l’esprit napoléonien en 1813 et brisé les restes de l’hégémonie française en Europe en 1870; cette même Allemagne est devenue l’incarnation de ce qu’elle avait abattu. Le phénomène peut aisément se renouveler à une échelle plus formidable. »
Sri Aurobindo, L’idéal de l’unité humaine

#PenserAutrement
#RoyaumeDuLogosContreEmpireDeLaData

Partie 2/4

Reprenons où nous en étions restés. Il est un plan auquel nous sommes convoqués, à l’invitation duquel, par conséquent, nous devons répondre… Essayons, aussi pudiquement que possible, de l’approcher d’un peu plus près et, chemin faisant, de mieux saisir les forces qui nous empêchent d’y accéder.

Lors d’un long séjour parisien, bien avant la Première Guerre, Stefan Zweig a la chance de pouvoir rencontrer Rodin. L’artiste, affable, accueille l’admiration du jeune homme qu’il invite dans son atelier de Meudon. Il lui dévoile un buste féminin en cours de réalisation et que recouvre donc un linge humide. Devant son œuvre qui l’appelle, le sculpteur se détourne du jeune auteur ; et, pris par l’ivresse de la tâche, pendant plus d’une heure, retouche le buste. Le travail accompli, Rodin retire sa blouse qu’il avait passée en entrant, va pour éteindre la lumière et, surpris, découvre, tapi dans un coin de l’atelier, le jeune Zweig qu’il avait oublié.

« Durant cette heure, écrit Zweig, j’avais vu à découvert le secret éternel de tout grand art et même, à vrai dire, de toute production humaine : la concentration, le rassemblement de toutes les forces, de tous les sens, la faculté de s’abstraire de soi-même, de s’abstraire du monde, qui est le propre de tous les artistes. J’avais appris quelque chose pour la vie. »[1]

Je me suis engagée à étudier la philosophie en 1998 alors même que je découvrais l’abstraction picturale. Apprendre à philosopher, c’est-à-dire à aimer la sagesse, consistait, pour moi, à comprendre, dans un premier temps, l’abstraction telle qu’elle se donnait à travers les arts plastiques. Chacun devrait se demander, lorsque se précise le sens de son destin, la raison pour laquelle il se sent appelé à suivre telle ou telle direction. Il me fallut de nombreuses années avant de commencer à réaliser que, m’interrogeant sur la présence d’un tableau qui ne représentait rien et ne signifiait donc rien a priori, je cherchais à éprouver le mouvement qui conduit un être humain hors de lui-même afin que, s’abandonnant à la production d’un objet délié de toute objectivité, il puisse se relier aux hommes. L’être humain n’est humain que dans la mesure où il est vivant, c’est-à-dire pris par ce mouvement qui le pousse puis le maintient hors de lui-même. Il est donc de notre devoir de chercher les tâches que nous avons à mener pour que s’accomplisse cette intensification de notre être grâce à laquelle nous accédons à ce plan de création qui fait de chaque individu un lien vivant vers autrui.

Il me fallut du temps pour comprendre qu’une œuvre d’art n’avait aucune valeur en tant que simple chose esthétique, décorative ou même spéculative mais qu’elle correspondait, du point de vue de l’artiste, à un moment de la réalisation de sa tâche. La qualité du buste de Rodin ne réside pas dans le fait d’être un buste de femme, ni dans la texture de la terre utilisée, ni dans la spécificité des outils requis mais dans cette concentration, ce rassemblement de toutes les forces, de tous les sens, dans cette faculté de s’abstraire de soi-même, de s’abstraire du monde, qu’évoque Zweig et qui est le propre de l’homme, l’expression la plus absolue de sa liberté. La qualité du buste reflète, au final, la qualité de l’exécution de la tâche.

« Les choses ne sont pas difficiles à faire, avait, un jour, griffonné Brancusi sur un bout de papier ; ce qui est difficile c’est de nous mettre en état de les faire. »

L’objet d’art, considéré de cette manière, devient alors la trace matérielle d’une suspension spatio-temporelle et d’une danse pareille à un mouvement perpétuel. Détaché, par la puissance de sa volonté, des déterminations naturelles, l’être humain qui n’est pas de ce monde mais simplement en ce monde accède à sa mission spirituelle. Il devient une étoile qui danse…
Poser l’objet comme trace ne m’était cependant pas suffisant même si cela permettait déjà d’attiser la nostalgie de ceux qui, matériellement, comme moi, ne le concevaient pas. Je commençais à comprendre mon émoi. Mais il me fallait encore reconnaître en lui le signe qui nous invite, en tant que simples spectateurs, à devenir nous-mêmes créateurs. Je pus franchir ce pas grâce à Marcel Duchamp qui avait déclaré – tout le monde sait cela : « C’est le spectateur qui fait l’œuvre ». Si le spectateur n’entre pas à son tour dans la danse par la force de son désir, il n’y a pas d’œuvre ; il y a une roue de bicyclette fixée sur un tabouret, un urinoir renversé… Duchamp avait compris que l’œuvre ne résidait pas dans la chose, que cette chose immanquablement serait récupérée par le marché et ses illusions narcissiques ; il avait compris que l’œuvre était l’œuvrer lui-même… la vie, tout simplement… et qu’une seule chose était à bâtir : l’homme.

Ce tour est impossible à concevoir pour notre entendement qui s’applique à fixer par des représentations ce que la vie lui soumet. Nous ne disposons pas des moyens intellectuels pour saisir, ensemble, l’envers et son endroit, le mouvement créateur et la chose créée. Ce tour exige donc un saut hors de la logique rationnelle établie par notre entendement jusqu’à ce plan où, pour reprendre les catégories métaphysiques traditionnelles, le sujet pensant et l’objet pensé représentent non pas deux instances distinctes mais les deux faces d’un même processus. Il exige une ouverture spirituelle.
Cette ouverture est d’autant plus cruciale qu’au même moment où la possibilité nous en est donnée, encouragé par la poussée industrielle et le développement des sciences et de la technique, s’effectue un durcissement de l’entendement. Parallèlement à l’abstraction, disons organique, dont je parle ici, s’impose une abstraction purement intellectuelle qui demeure fixée sur des représentations et se détourne du processus dont procède le visible.

J’ai longtemps cru que le tournant du 19e au 20e siècle augurait d’une transformation magnifique dont la Première Guerre Mondiale puis la Seconde avaient scellé l’échec. A lire Stefan Zweig, je prends conscience de mon erreur. Le miracle européen, pour ces grandes figures intellectuelles, s’était produit. Il s’appelait Mitteleuropa, « Europe du Milieu » et il déclinait avec la chute de l’Empire austro-hongrois qui en avait assuré l’éclosion, en recouvrant soigneusement, au moyen de la stabilité politique et du raffinement culturel, tout ce qui, en l’homme, favorise les tensions et les dissensions. Il suffit que le cadre s’effritât pour qu’apparût à nouveau tout ce qui, en l’homme, demeurait impensé et qui exige désormais que nous le pensions.

Le fait d’avoir défait les empires au profit de la démocratie, d’avoir remporté la Seconde Guerre Mondiale et pu nommer des coupables nous a laissé imaginer que nous avions jeté les bases de l’homme libre et, sinon éradiqué, en tout cas surmonté les fascismes et les totalitarismes qui ont ravagé le 20e siècle. J’ai la conviction hélas que si nous avons défait une forme de dévastation, nous n’en avons nullement terminé avec la terrible force de pétrification, c’est-à-dire d’anéantissement du vivant, pour la bonne et simple raison qu’elle correspond à l’activité même de notre entendement lorsqu’il refuse d’entendre sa limitation intrinsèque et, l’entendant, ne renonce pas encore à son pouvoir.

La question que nous devons désormais nous poser est donc la suivante : quelle nouvelle forme prend, à notre époque, l’anéantissement du vivant, autrement dit, le diktat de l’entendement contre l’entente du vivant ?
Camille Laura VILLET

 

 

[1] Stefan Zweig, Le Monde d’hier, Le Livre de Poche, Paris, p. 180
 
 

– Stage d’été –

Avec le soutien de la Ville de Grez-sur-Loing

 

PASSAGES
A propos des murs et de l’air

 » Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais. »
Annie Ernaux

 » Ce que je veux raconter est aussi délicat que la vie elle-même. »
Clarice Lispector

 » If you want to know why you cannot reach your own beautiful ideas.
If you reach instead the edge of the thinkable, which leaks.
If you stop the leaks with conditionals.
If conditionals are of two kinds real and unreal. »
Anne Carson

Ma recherche théâtrale est intime. J’explore l’espace entre les mots. Je préfère ce qui n’est pas dit à ce qui est dit. Je cherche là où on bégaie, où on ne se souvient pas, où on se trompe.

Pour échapper à l’enfermement auquel nous avons été contraints, je voudrais proposer un travail sur la ligne entre l’intérieur et l’extérieur, entre le dedans et le dehors. Je me demande comment sortir de moi. Doucement. Comment reprendre confiance. Dans mon corps, en moi. À travers et grâce à la rencontre avec l’autre et le monde à l’entour, comment aller à la rencontre d’un moi renouvelé, revitalisé.

On sera en dehors de la ville, dans un studio à la campagne. Une rivière. L’air. J’imagine un groupe de recherche libre et audacieux, au sein duquel chacun puisse repenser profondément à soi et à ses manières de vivre. Je voudrais qu’ensemble on puisse repenser nos modèles, nos catégories, nos cadres, nos clés de compréhension et de création, en commençant par repenser nos actions de la vie quotidienne.

On ira à la découverte d’autres manières de SE LEVER RESPIRER MANGER SOUPIRER MARCHER AVOIR LES LARMES AUX YEUX SOIGNER PARLER REGARDER LES ETOILES MARCHER MOURIR DORMIR DESIRER APPELER CRIER SE PRENDRE DANS LES BRAS SE CHATOUILLER RIGOLER REGARDER POUR LA DERNIERE FOIS OUBLIER et, si on a encore des forces, RECOMMENCER.
Des nouvelles façons de vivre pour imaginer de nouveaux mondes possibles. Garder ce qui est à garder. Jeter ce qui est à jeter. Cultiver ce qui est à cultiver.

Grâce à des pratiques de respiration, des éléments de hatha yoga et un travail plus strictement théâtral sur la voix, la présence et l’action sur scène, on développera une écriture scénique, en utilisant, entre autres, les textes issues de «Près du cœur sauvage » de Clarice Lispector, « Les années » de Annie Ernaux et  « Decreation » de Anne Carson. Et on dansera, certes. Je ne peux pas imaginer ce stage autrement.

Gaia SAITTA

 

Gaia Saitta est comédienne, metteuse en scène et dramaturge. Elle explore la vulnérabilité comme espace poétique et cognitif. Sur la ligne entre fiction et réalité, elle met au centre le corps du performeur, en mêlant différents langages de la scène et en interrogeant toujours le rôle du public. Sa recherche est liée à la danse et au mouvement. Elle l’approfondit avec Julie Anne Stanzak du Tanztheater de Pina Bausch, Abou Lagraa, Daisy Ransom Phillips, Lisi Esteras et Quan Bui Ngoc de la compagnie Les Ballets C de la B. Très importantes dans sa démarche artistique sont ses rencontres et ses collaborations avec Anatoli Vassiliev, Giorgio Barberio Corsetti, Luca Ronconi, Mikael Serre et la compagnie Ontroerend Goed. Elle est co-fondatrice et directrice artistique de If Human, collectif d’artistes internationaux, basé en Belgique.
Depuis 2013, elle est artiste associée aux Halles de Schaerbeek de Bruxelles.

C’est la deuxième fois que Khôra Imagination a la chance de pouvoir collaborer avec Gaia Saitta.  Le succès du stage de février à l’hôpital Rothschild nous a donné désir de poursuivre l’aventure.
Les nouveaux sont les bienvenus ! (dans la limite des places disponibles)

Où ?
Grez-sur-Loing, en Seine-et-Marne
Quand ?
le lundi 3 août 2020 de 11h à 18h
Puis du mardi 4 au vendredi 7 août de 10h à 17h.

Ce stage professionnel de recherche théâtrale est également accessible à toute personne souhaitant s’ouvrir davantage à sa sensibilité.
Il n’est pas réservé aux artistes.
Il est possible de ne pas suivre tout le stage. Mais la présence au premier jour de stage est indispensable.

DATE LIMITE D’INSCRIPTION : 15 JUILLET 2020
Prix de soutien pour tous : 250 euros / 5 jours

Informations, tarifs et inscription sur notre site et par mail à info@khora-imagination.fr

 – Assemblée Générale –
4 juillet 2020

Le samedi 4 juillet 2020 s’est tenue l’Assemblée Générale Ordinaire de Khôra Imagination. A cette occasion Camille Laura VILLET est intervenue pour rappeler et préciser l’intention portée par l’association. L’intégralité de son intervention est reproduite ci-dessous.

Je voudrais revenir sur Khôra…
Lorsque je me suis lancée dans la création de ce qui est devenue en 2018 notre association Khôra Imagination, je voulais recréer, sans savoir très bien comment m’y prendre, les conditions d’un partage, en fait d’un tissage dont j’avais commencé à expérimenter les bienfaits au Centre Pompidou entre 2012 et 2014.

Khôra s’est imposé à moi, je veux dire comme nom.
Et tout le monde me disait… mais ça veut dire quoi ? Et qu’est-ce que tu veux faire ?
Je répondais : je veux que les humains s’entendent… un lieu où l’on s’entende.

J’ai créé à un siteweb. Khôra était déjà pris… alors j’ai fait ajouter « imagination »… Et lorsque nous avons fondé l’association, avec Luc, nous avons décidé des deux termes, ensemble.
Pour préciser…
Mais préciser quoi ?
L’imagination créatrice correspond à un éveil (une intensification) de la mémoire. Un rappel à soi-même. Plus on approche, plus on brûle… et plus la pulsion se précise.
J’ai commencé ma vie d’adulte en envoyant promener le quotidien, je veux dire les études que j’étais destinée à faire : hypokhâgne, khâgne et, avec un peu de boulot et de chance, normal sup… j’ai fait du théâtre, de l’anglais… me défaire du monde.
Et puis j’ai rencontré le travail d’un peintre qui prônait le ni ceci ni cela… et qui avait fait partie d’un groupe intitulé JANAPA pour je n’ai ni père ni mère. J’aimais bien cette idée de détachement, d’être plantée ailleurs, dans le ciel, de voler.
Khôra spontanément était pour moi le ciel des intelligibles, en dépit de la connaissance que j’avais de la notion. Khôra m’était un idéal.
Il faut se méfier des idéaux. De ce que nous voulons êtres, de ce à quoi, de ceux à qui nous nous raccrochons… ils masquent souvent des peurs. Khôra, dans un premier temps, reflétait ce que je ne voulais pas voir de la réalité, ce que je ne voulais pas assumer de mon histoire… allez disons le mot : mon angoisse de la castration !

Il m’a fallu ces dernières années pour comprendre ce qui n’était jusqu’alors que mental. Khôra implique la défaite de toute idéalité en vue de son accomplissement. Cet accomplissement est une autre manière de parler de la spiritualisation de la matière.
L’idée doit germer, croître et porter des fruits.
Nous vivons une époque qui a tué le travail, en tuant les métiers, c’est-à-dire le lieu où le sujet a prise avec la matière, le lieu où il éprouve sa prison et donc, aussi, le lieu de sa libération.
Pas de libération sans contrainte.
Il ne s’agit pas de sortir mais d’entrer et de transformer.
Nous devons restaurer les métiers. Là où l’être humain agit, l’être humain découvre, déploie et intensifie une force qui est vie. Il développe une maîtrise qui n’est pas de l’ordre d’une domination mais de la conscience. Il s’agit d’une écoute. L’écoute est toujours de l’Autre. Elle a quelque chose à voir avec le désir, avec le négatif. Il s’agit d’une attention, d’une vigilance, d’une ouverture… D’un oubli de soi, en vue de l’autre…
Nous n’arrêtons pas de traverser des images, des miroirs… pour activer notre pouvoir de fabriquer de la beauté. Plus vous traversez, plus vous êtes beaux.

Notre stage, en août, avec Gaia SAITTA, sera justement sur les passages.
Je ne sais pas ce qu’elle va tricoter.
Parlez-en autour de vous.
Lancer des fils… certains accrocheront, d’autres pas… Tisser, détisser, retisser… Vivez.
Khôra est un lieu de tissage et de détissage au sein duquel chacun devrait pouvoir au contact des autres perfectionner son métier, le talent qu’il met au service des autres, c’est-à-dire lui-même. Chaque résonance, retour, rebond est l’occasion d’un approfondissement de son être, d’une découverte de son âme, un pas supplémentaire vers son lieu.
J’aimerais que Khôra, avec le temps, devienne ce lieu extrêmement précis, parce que nous y serons très exigeants, sur le plan éthique, envers nous-mêmes, et en même temps très ouverts, à même d’intégrer une immense altérité. Pas de peur que l’on ne surmonte.
Vous l’avez compris, ce n’est pas une école. C’est un lieu d’expérience, de partage… de conscience. De générosité. De prises de risques aussi. Un lieu à édifier. Il ne préexiste pas aux actions que nous mènerons pour qu’il soit. Un jour, nous entrerons en résonance avec les étoiles pour offrir un miroir au cosmos.

Très bel été à tous !

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