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« Il n’y a pas de fin. Il n’y a pas de début. Il n’y a que la passion infinie de la vie. »
Federico Fellini

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    Notre dernière newsletter

    – Edito –

    Insaisissable est la khôra

    « Enfin il y a un troisième genre, celui du lieu: il ne peut mourir et fournit un emplacement à tous les objets qui naissent. Lui-même, il n’est perceptible que grâce à une sorte de raisonnement hybride que n’accompagne point la sensation: à peine peut-on y croire. C’est lui certes que nous apercevons comme en un rêve, quand nous affirmons que tout être est nécessairement quelque part, en un certain lieu, occupe une certaine place, et que ce qui  n’est ni sur la terre, ni quelque part dans le Ciel n’est rien du tout. »
    Platon,
    Timée, 52b

    Je viens de lire le texte de Luc Toubiana, que vous découvrirez à la suite de cet édito.
    Ce qu’il m’évoque : un changement d’ère. Mieux encore un nouvel âge pour l’humanité.

    La découverte qui permet à Sutherland de faire basculer l’ostéopathie du modèle biomécanique au modèle dit biodynamique me paraît reposer sur un changement radical de son aperception du monde… changement que l’humanité, dans son ensemble, devrait progressivement opérer.

    Pouvons-nous entendre que la matière n’est rien sinon la cristallisation factice d’un geste ? Nous croyons que la chose est ce qui nous importe. Nous nous attachons au factice, à ce qui est fabriqué. Et c’est là notre erreur. Le monde existe… mais il n’est, en tant qu’existant – étymologiquement en tant que « ce qui se tient hors » – que la trace d’une projection qui, déjà, évolue ailleurs. Ce que nous voyons, le monde comme représentation, pour reprendre Schopenhauer, est passé. Il existe, certes. Mais il n’est plus. Et la trace, nécessairement, renvoie à un ailleurs dont elle est, seulement, l’expression : une parole. Charge à l’homme de la prononcer. Mais il s’est tu.

    Le temps, ce que nous appelons le temps, provient de cette déhiscence et de notre adhésion à ce qui en jaillit. Nous nous laissons prendre par la magie du monde, tissés aux étoffes de la réalité… Maya, disent les Hindous, pour parler de la dualité et de son illusion. Nous nous pensons adultes, aux prises avec les questions concrètes, attelés aux affaires sérieuses. Il se pourrait, en fait, que nous nous soyons bien plutôt endormis; que nous ait comme absorbés un sommeil lourd et sans rêve.

    Or le Réel appartient à l’ordre du rêve. Nous devons réapprendre à rêver. C’est urgent. Nous devons retrouver comment vivre à la manière des Anciens qui, parmi les hommes, devinaient la présence des dieux. J’imagine alors cette respiration primordiale, ce Souffle, tout à la fois en moi puisqu’Il m’anime et hors de moi puisque de toute évidence il ne m’appartient pas mais que bien plutôt je lui appartiens, en ce sens que je lui suis redevable de la Vie.

    La vérité m’a échappé alors que nous échappait le miracle des formes. Elle a filé entre nos doigts avides. Nous devrions être accablés de nostalgie. Peut-être le sommes-nous. Et tout ce chaos n’est-il que le résultat d’une tentative de fuite ou de déni. Nous avons perdu la lumière de l’Aube. Et nous courons, à tâtons, nous bousculant les uns les autres, dans une nuit électrique.

    Pouvons-nous retrouver la lueur du commencement ?

    « En tout commencement, écrit Philippe Jaccottet, il y a une merveilleuse puissance qui se moque de ce qui viendra ensuite, ou qui ne peut le concevoir (bien qu’il y ait eu auparavant des millions d’autres commencements dont n’apparaît que trop clairement l’usure, une fois retombés dans le temps), une puissance enivrante qui nous entoure de paroles joyeuses comme d’une troupe d’anges, paroles disant et redisant tout autour de nous, d’un mouvement si continu qu’il n’y a plus de faille possible entre elles par où se glisserait l’incertitude ou la terreur : Voici ce qui est donné par l’amour, le lieu de la lumière, la certitude de l’insaisissable qui nous sauve ! »[1]

    Insaisissables sont ces forces de vie, au sens où elles ne se révèlent qu’à la main qui écoute, jamais à celle qui prend. Insaisissable est encore la khôra dont Platon fait ce lieu « que nous apercevons comme en un rêve »[2].

    Nous sommes pétris par l’Insaisissable. Notre salut, me semble-t-il, est tout entier contenu dans cette conscience ainsi que dans l’humilité qui en découle.

    Camille Laura VILLET

    [1] Philippe Jaccottet, Eléments d’un songe, Paris, Gallimard, 1961, p.84.
    [2] Platon, Timée, trad. Albert Rivaud, Paris, Les Belles Lettres, 52b

     

    – Autres pensées et participations – 

    Sculpture de Jean-Michel Folon

    Du monde imaginatif aux forces fluidiques

    « Dans l’ensemble de la nature, il n’existe plus pour moi de désert.
    Là où je découvre un corps, je pressens un esprit. Là où je remarque
    du mouvement, je devine une pensée ».

    Friedrich Schiller, Schiller’s Philosophical Letters, Theosophy of Julius

    Notre époque est celle du développement tragique et démesuré des forces matérialistes. Elles ont déjà investi la nature pour mieux la détruire. La situation est d’une telle gravité (les chiffres si affolants) qu’elle en paraît absolument irréversible.
    Les nouveaux territoires que ces forces sont avides d’investir sont à présent le langage et le corps de l’homme. Les crises sanitaires que nous vivons, ou vivrons, relèvent totalement de ce combat qui fait rage et jamais la nécessité d’un renouveau spirituel de la médecine, de la science en général, ne s’est avérée aussi indispensable.
    Du fond de cette obscurité, quelques lueurs d’espoir nous parviennent pour nous rappeler que le destin de l’humain n’est pas de devenir une marionnette binaire privée de son libre arbitre et de sa capacité à aimer.

    Voici l’histoire de l’une de ces petites sources de lumière et des hommes qui, modestes et solitaires, en ont pris grand soin.

    Dès l’origine, l’histoire de l’ostéopathie s’inscrit dans une tentative de résolution du conflit opposant les sciences naturelles matérialistes et mécanistes et l’investigation des forces formatrices et de santé issues du monde de l’Esprit.

    Nous sommes à la fin du 19ème siècle (la naissance officielle de l’ostéopathie date de 1874) et il n’est pas surprenant de retrouver dans le terreau qui a donné naissance à cette nouvelle impulsion dans l’histoire de la pensée médicale, des influences aussi diverses que la phrénologie, le Mesmérisme ou l’évolutionnisme philosophique de Herbert Spencer qui précède d’une dizaine d’années celui de Charles Darwin[1].
    Dans cette genèse, Spencer prendra, nous allons le voir, une importance toute particulière. Mais le terreau ne fait pas « l’intime » de la nouvelle pousse émergeante et cette première étape chronologique fût sans doute nécessaire pour poser un socle de bases conceptuelles avant un immense et puissant élan vertical vers le monde de l’Esprit et ses forces agissantes.

    Sept paramètres régissant le vivant sont traditionnellement cités comme constitutifs de ce socle conceptuel. La plupart se retrouvent dans les premiers écrits de Spencer.

    -tout système vivant est une unité ; le corps, une globalité.
    -il existe une relation mutuelle entre la structure et la fonction.
    -le mouvement est la manifestation première de la vie.
    -la libre circulation des fluides, dans un système vivant, est indispensable à sa santé.
    -le corps produit les substances nécessaires à son fonctionnement.
    -le corps a le pouvoir de s’autoréguler et de surmonter la maladie.
    (Le corollaire de cette proposition est que trouver la santé devrait être le véritable objectif de la médecine, et non de trouver la maladie).
    -il existe une relation mutuelle entre la cause et ses effets.

    Mais la vision matérialiste des influences précitées sera assez vite contestée par le père fondateur de l’ostéopathie : Andrew Taylor Still, lui-même nourri dès son enfance de Méthodisme et de Spiritualisme (émanation du Transcendantalisme de Swedenborg), observant partout le divin à l’œuvre en la nature et en l’homme.
    Il s’écartera radicalement d’une partie des fondamentaux de Spencer que sont « la force, la matière et le mouvement », qui structurent sa loi fondamentale de l’évolution (et où la « force » demeure un mystère insoluble, inconnaissable et dénué de toute transcendance), pour donner comme définition première de l’ostéopathie : « la loi de l’Esprit, de la matière et du mouvement ».

    Le premier modèle de l’ostéopathie se met progressivement en place et il est clairement « biomécanique ».
    Le terme même « d’ostéopathie » résulte de ce premier modèle car la pensée qui s’appuie sur la perception sensorielle ne peut saisir fondamentalement que le système osseux, là où les lois de la mécanique s’appliquent. La raison en est simple, cette pensée-là s’appuie en elle-même sur des lois tout aussi mécaniques.
    Les fascias (les tissus conjonctifs qui intègrent et contiennent l’organisme), si souvent cités aujourd’hui dans les médias, jouent dans ce contexte le rôle central faisant le lien entre la dysfonction et sa correction.
    La révolution, à l’époque, est totale et les succès déjà nombreux. Des jeunes esprits sincères et vaillants, venant d’horizons très divers, sont attirés par l’importance de ce qui semble se jouer là, et veulent absolument rencontrer A.T.Still, personnalité pourtant très en retrait du monde.

    Parmi cette nouvelle sève prometteuse se trouve un certain William Garner Sutherland.

    Still se retirera progressivement et laissera une œuvre inachevée à la génération qui lui succèdera.
    En 1898, une « idée folle » venue de l’intériorité la plus profonde de Sutherland, une intuition digne d’un pur génie (intuition qu’il n’acceptera de suivre qu’une vingtaine d’années plus tard, tant il n’y croyait pas lui-même…), va bousculer bien des choses: la possible mobilité du crâne, la naissance du concept crânien et la découverte d’un mécanisme respiratoire primaire, le long de l’axe cranio-sacré.

    Sutherland raisonne tout d’abord, lui aussi, selon le modèle biomécanique. Le système est encore, selon ce modèle, activé de l’intérieur. C’est le mouvement du système nerveux central qui est censé animer les membranes méningées, puis les os et enfin permettre la fluctuation du liquide céphalo-rachidien.

    Mais en 1948 à 75 ans, dans la dernière partie d’une vie toute entière consacrée à l’étude et au soin, Sutherland opère une traversée du miroir et quitte le modèle biomécanique.
    Il offre au monde ostéopathique stupéfait, et en grande partie incrédule, le modèle « biodynamique » basé sur la synchronisation et la coopération consciente avec les forces vives de santé, les forces formatrices du monde imaginatif.
    Ces forces formatrices sont une matrice consciente (une sagesse agissante, une philosophie en actes) et artistique (elles œuvrent en artistes, dans une quête de beauté), de création de la structure et de la fonction.
    La continuité des fascias n’est plus l’élément central, ce sont à présent ce que l’on nomme « les fluides » qui le deviennent.

    Derrière l’homme physique, aux contours rigides et bien délimités, décrit par l’anatomie et la physiologie classiques, se dessine à présent un homme-fluide soumis à d’autres lois.
    Tous les fluides du corps sont des parties de l’entièreté d’un « corps fluidique », réceptacle physique de ces forces formatrices imaginatives.
    Le corps fluidique est un corps protoplasmique, non comparable à de l’eau.

    Il est à la fois troublant et passionnant de considérer attentivement la définition de « l’Oxford Dictionary » concernant le protoplasme :
    «Protoplasm is the first moldable substance that can hold an image »
    (« Le protoplasme est la première substance malléable pouvant contenir une image »)[2].

    Le protoplasme est donc une substance pouvant devenir n’importe quelle structure (forme apparaissant dans l’espace) ou fonction, sous l’action des forces formatrices issues du monde imaginatif, « idées » qui œuvrent de manière vivante dans les phénomènes.
    Et chaque forme dans l’espace peut être comprise comme une écriture qui, correctement lue, révèle sa force ou ses forces formatrices.

    Le système s’anime cette fois de l’extérieur. Les forces de vie (« le Souffle de Vie » disent les ostéopathes) émanent de la périphérie, de l’horizon, et engendre le mouvement d’une respiration primaire dans chaque cellule du corps. Leur direction est centripète, comme toutes les forces cosmiques[3].
    Ainsi, les forces fluidiques cohabitent avec les forces terrestres mais n’en dépendent pas (il suffit de penser au principe d’Archimède qui permet au cerveau, flottant dans le liquide céphalo-rachidien, de ne pas peser de tout son poids sur le fragile système artérioveineux situé à la base du crâne).

    Les paramètres conceptuels, au fil des découvertes, se sont peu à peu modifiés. Une nouvelle formulation va finalement en naitre [4]:
    -Le Souffle de vie crée la Forme
    -La Forme est une matrice créée consciemment (Sagesse agissante) et artistiquement. Elle est le précurseur de la structure (la forme dans l’espace) et de la fonction.
    -elle apparaît d’abord dans les fluides du corps.
    -les fluides présentent des mouvements relatifs, objectifs et thérapeutiques.
    -les forces internes des fluides (bioélectriques, biomoléculaires…) sont formées et organisées par les forces de vie.
    -les fluides transportent les forces correctives des forces de vie.

    Mais le fluide peut être lui aussi en lésion, affecté dans son organisation intrinsèque, et perdre sa capacité de réponse aux forces de vie, de santé. Par la compréhension profonde du concept, une attention thérapeutique peut être posée sur ce point précis et permettre un désengagement du processus lésionnel observé. Telle est la force de ce modèle.

    Seul le penser imaginatif est habilité à saisir pleinement les processus vivants qui animent le corps fluidique. Là est le destin commun qui lie l’ostéopathie, l’art et la philosophie.
    La synchronisation consciente avec ces forces vivantes suppose une compréhension la plus juste de leurs modes opérationnels.
    La qualité de cette compréhension et de cette synchronisation à des fins thérapeutiques sera fonction du développement graduel des forces de l’âme devenue réceptacle des perceptions du monde imaginatif, lieu d’origine de ces forces de vie.
    Cette qualité de contenu d’âme relève de ce qui est traditionnellement nommé « l’âme de conscience ».

    L’étude du modèle biomécanique porté par l’anatomie et la physiologie enseignées par les sciences naturelles est parfaitement utile et nécessaire pour la compréhension de l’homme physique.
    Mais il ne peut expliquer les liens entre ce corps physique, l’âme et l’Esprit.
    À ce modèle doit donc succéder une autre vision relevant d’une science spirituelle cette fois, œuvrant selon d’autres lois, et qui souligne fondamentalement l’urgence d’une reconquête du monde imaginatif et de ses forces, les pensées vivantes imaginatives.
    Cela est chose possible et l’ostéopathie en est un exemple vivant, chaque jour, dans l’histoire humaine.
    Si cet effort demandé devait échouer, alors le chaos qui frappe aujourd’hui à nos portes risque fort de s’installer en nos âmes et de nous engloutir.

    Luc TOUBIANA

    (Luc Toubiana reprendra le contenu de ce texte, qu’il explicitera puis approfondira au fil des séances, à partir du samedi 10 octobre 2020 dans le cadre de son séminaire sur le corps et la santé. Cf. Informations pratiques ci-dessous)


    [1] Il est possible, pour plus de précisions, de consulter les articles de synthèse de Pierre Tricot, ostéopathe D.O (F), disponibles sur le Net. En particulier :
    « Le 22 juin 1874 » ; « Une filiation vraie » ; « Une brève histoire de l’ostéopathie » ; « Les fondements de l’ostéopathie ».
    [2] Cité dans de polycopié de James Jealous, ostéopathe D.O (USA) : « Biodynamics, Phase Two ».
    [3] Si le modèle biomécanique s’adresse principalement aux forces terrestres qui se manifestent sous forme de pressions ou de tensions, le modèle biodynamique s’appuie quant à lui sur la possibilité d’une synchronisation avec les forces cosmiques de santé.
    [4] René Briend, ostéopathe D.O (F) : « Biographie de W.G. Sutherland » (2001).

    Alfred Boucher, Le Rêve, 1912

    #penserautrement#
    #royaumedulogoscontreempiredeladata#
    Partie 4/4

    Rien n’est plus personnel que notre santé. Rien pourtant ne préoccupe autant les gouvernements depuis quelques années. Autour de la santé s’est crispé l’équilibre fragile entre ce qui concerne le collectif et ce qui concerne le privé. Je considère cette crispation comme révélatrice du durcissement de notre entendement qui ne parvient pas à se résoudre au fait que les choses les plus fondamentales pour le développement de l’humanité se déroulent au-delà du cadre qui lui est dévolu. Ce durcissement fait le jeu des forces matérialistes et nihilistes qui s’opposent à la liberté et qui, pour parvenir à leur fin, cherchent à s’accaparer le seul sanctuaire qui nous reste : notre corps.

    Il est grand temps de commencer à penser et à vivre notre corps, c’est-à-dire à investir en conscience les deux plans qui gouvernent la réalité humaine, la vie privée aussi bien que la vie publique. D’un côté, nous vivons au plan de l’entendement, de la rationalité, des liens logiques de cause à effet ; de l’autre, nous obéissons à une nécessité singulière que l’on pourrait appelée instance morale ou voie intérieure. Cette dernière instance était jusqu’à une époque somme toute récente gouvernée par l’idée suprasensible de Dieu. Notre corps ne nous appartenait pas. Il appartenait à Dieu qui nous en avait fait don pour une durée limitée. Nous nous sentions comme traversés par ce que nous pourrions nommer des impulsions morales qui nous guidaient en vue de l’accomplissement de notre destin. Cet accomplissement, avec ses succès et ses péripéties, se déroulait au niveau de la vie matérielle mais il s’enracinait ailleurs, au niveau de cette instance libre.

    Dieu est mort. Notre corps nous est échu. Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?

    Nous n’avons pas fini de penser Nietzsche et la mort de Dieu. Il s’agit d’un tournant historique qui ouvre la porte à la psychanalyse, à la phénoménologie ainsi qu’à la relativité puis à la physique quantique. Soudain, l’homme, jusqu’alors porté toujours plus avant vers l’extériorité, est invité à faire retour sur lui-même. Dans tous les domaines des sciences, l’excellence consiste à opérer une conversion vers l’en-dedans, à se détourner du visible pour considérer l’invisible qui se révèle en toute chose : le sujet conscient est gouverné par son inconscient ; le phénomène ne cache plus mais, au contraire, manifeste son origine ; la lumière n’a pas de réalité matérielle mais elle a une vitesse ; les atomes, du grec atomos, insécable, contiennent un noyau composé de protons et de neutrons autour desquelles gravitent des électrons – l’énergie qui maintient ensemble ses éléments surpasse celle de la gravité terrestre. Dans l’infiniment petit s’avère contenu l’infiniment grand. Les frontières qui nous permettaient de distinguer le dehors du dedans, soi-même d’autrui, ne se défont pas mais il est donné de découvrir que, sur un autre plan, elles perdent toute fonction. Les êtres humains, bouleversés par tant de prodiges, auraient dû, massivement, accueillir le nouveau défi qui leur était lancé. L’occasion d’une intensification psychique sans précédent nous était donnée. Elle aurait dû nous conduire à des réalisations magnifiques. Au lieu de cela, le sentiment du bien s’est progressivement tu en nous. Il a laissé place à des morales fabriquées qui, lorsqu’on y regarde de près, sont toutes empruntes de vexations et de ressentiments, de réparations fallacieuses qui entretiennent le jeu de pouvoir qui oppose les sachants et les ignorants, les possédants et les démunis, les dominants et les dominés. Profitant du faible nombre de ces génies précurseurs ainsi que de la difficulté de certaines de leurs théories (combien de personnes sont effectivement capables de lire les équations d’un Einstein ou d’un Planck ?), des forces matérialistes, extrêmement puissantes, ont œuvré de telle manière à ce que la science se détourne de ce plan subtil où l’âme se révèle. Elles ont usé de tous les moyens pour que cette intensification psychique qui nous était promise ne s’accomplisse pas et que l’être humain ne se libère pas.

    Elles ont usé du capitalisme, du communisme, du nazisme, du totalitarisme, du fascisme, du libéralisme… il n’est pas un domaine où elles ne soient immiscées dans le but unique d’opprimer ce qui porte l’homme à une existence glorieuse quelle qu’en soit la forme. Nous aimerions ces forces réservées à un Staline ou un Hitler, à Trump ou à Poutine, à Emmanuel Macron, lorsqu’en successeur de Jeanne d’Arc, il prétend sauver le monde de la peste et subrepticement remettre un roi sur le trône de France, à Elon Musk ou Jeff Bezos. Nous les aimerions être l’apanage des seuls dominants, des possédants et des « méchants ». Nous devons accueillir cette nouvelle qui ne serait qu’affligeante si elle n’était aussi celle par laquelle s’annonce notre salut : ces forces nihilistes, aussi sûrement qu’une âme nous anime, sont en nous. Notre combat n’est pas, n’est plus à l’extérieur. Il ne consiste même pas à lutter contre ces forces mais à détourner d’elles notre attention pour ne nous fixer que sur la vie, merveilleuse, à laquelle chaque domaine de la connaissance – des sciences humaines à la physique, en passant par la médecine – a désormais accès.

    D’un gouvernement, je ne demande pas qu’il me dise ce que je dois faire, je ne demande pas non plus qu’il m’impose sa croyance – j’ai déjà bien suffisamment à faire avec mes propres conditionnements –, je ne demande pas qu’il m’emprisonne dans un réseau de lois qui me privent de ma propre juridiction au nom de ma sécurité ou de ma santé, je demande qu’il garantisse, pour moi-même et chacun de mes concitoyens, la possibilité de réaliser mon devoir envers la vie. Certains ne ressentent pas ce devoir ou bien ils le ressentent mais différemment. Je n’ignore pas combien il est difficile de conjuguer, sur le plan de la chose publique, de la res publica, tant de contradictions. C’est pourquoi d’un gouvernant, qui, peut-être, ne sera pas en accord avec la plupart de mes convictions, je n’attends qu’une seule chose : qu’il ne perde jamais de vue la finalité de l’incarnation humaine. Je ne prétends pas qu’il y ait une réponse. Je rappelle juste une question : pourquoi sommes-nous là ? pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?,  interrogeaient, autrefois, les métaphysiciens. Il y a là un mystère qui doit rester ouvert. D’un gouvernant, j’attends donc qu’il soit juste le gardien de cette porte ouverte.

    Camille Laura VILLET

     – Agenda –

    Samedi 10 octobre 2020 de 17h à 19h
    Le corps et la santé
    1ère séance du séminaire animé par Luc Toubiana

    « Le chaos dont la présence chaque jour s’intensifie un peu plus, nous pousse à l’urgence.
    Celle de mieux cerner où les forces matérialistes, en ces temps de grands troubles, tentent de planter leurs griffes acérées.
    Après la destruction de la Nature, celle annoncée du corps…
    Urgence, donc, de repenser une science-une médecine particulièrement-respectueuse de notre constitution ternaire: corps, âme et Esprit.
    Le concept de médecine ostéopathique selon le modèle biodynamique, qui fut originellement conçu ainsi par ses pères fondateurs, nous offrira le point d’appui nécessaire à la saisie graduelle de ce changement de cohérence si
    intensément demandé par l’Esprit du temps ».  Luc Toubiana, ostéopathe D.O

    20 euros pour les non-adhérents
    10 euros pour les membres
    Inscriptions jusqu’au jeudi 8 octobre 2020
    Lieu: Paris, Place de la Nation

    Samedi 21 novembre de 17h à 19h
    Les Couples mythiques

    Par Camille Laura Villet
    3e partie de notre traversée de l’Odyssée à la rencontre d’Athéna et Ulysse
    15 euros pour les non-adhérents.
    Gratuit pour les membres de Khôra Imagination

    Samedi 12 décembre de 19h à 22h
    Dîner-conférence

    La yourodivy-attitude par Christelle Nicolas, historienne d’art, doctorante en théorie de l’art

    « Que peut-il y avoir de commun entre une performance de l’artiste Abraham Poincheval au musée de la Chasse et de la Nature en 2013, le concept de médiance du géographe et philosophe Augustin Berque, et la figure du yourodivy étudiée par le philosophe Cezary Wodzinski ? Peut-être que ces choses ont à voir avec la chôra de Platon, et ses interprétations. C’est ce que l’on tentera d’envisager ensemble lors de cette conférence. » Christelle Nicolas

    30 euros pour les non-adhérents
    15 euros pour les membres (participations aux frais du dîner)

    Samedi 16 janvier 2021 de 17h à 19h
    Les Couples mythiques

    Par Hubert Joseph-Antoine
    Iris et Hermès
    20 euros pour les non-adhérents.
    10 euros pour les membres

    Du lundi 15 février au vendredi 19 février 2021
    Stage professionnel de recherche théâtrale
    Par Gaia Saitta
    « Constellations »
    à l’Hôpital Rothschild, Paris 12e
    Cet événement est pour le moment maintenu.
    Nous vous le confirmerons, ou pas, en fonction de l’évolution de la crise sanitaire.

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    1. Les Couples mythiques

      21 novembre @ 17 h 00 min - 19 h 00 min
    2. Dîner-conférence

      12 décembre @ 19 h 00 min - 22 h 00 min
    3. Le corps et la santé

      19 décembre @ 17 h 00 min - 19 h 00 min
    4. Les Couples mythiques

      16 janvier 2021 @ 17 h 00 min - 19 h 00 min
    5. Stage professionnel de recherche théâtrale

      15 février 2021 - 19 février 2021