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« Il n’y a pas de fin. Il n’y a pas de début. Il n’y a que la passion infinie de la vie. »
Federico Fellini

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    – Edito –

    Un festival à Grez-sur-Loing
    « Laissons-nous plutôt porter par la certitude paisible que les intermittences du bonheur le plus haut, dans l’amour comme dans l’œuvre, sont aussi conformes aux lois de la Nature, et que nous sommes en route vers ce bonheur à chaque pas que nous faisons vers nos authentiques moments de fête. »
    Lou Andréas-Salomé, Eros, 1910

    Pourquoi un festival à Grez ?
    Parce que dans le mot festival, il y a le mot fête
    .
    Nous aurions pu choisir d’organiser un événement ou deux, et laisser aux associations artistiques et culturelles déjà implantées à Grez le soin d’agrémenter l’été, ce qu’elles savent très bien faire.
    Mais nous voudrions ouvrir une fenêtre de réjouissances. Créer un moment festif. Et, dans cette ouverture dévolue à « la création, l’adoration et la joie »[1], lancer des invitations aux artistes, aux associations de Grez et des environs, aux penseurs et chercheurs en tout genre. Nous voudrions poser le cadre au sein duquel chacun, avec le temps et dans cet esprit que nous essayons d’insuffler, pourra trouver sa place.

    Khôra Imagination n’est pas une société de production. Ce n’est pas une compagnie théâtrale non plus, ni une galerie d’art. L’ambition que porte ce projet n’est – cela va sans dire – pas commerciale. Et elle ne se limite pas à la volonté, certes très honorable, d’offrir à un village des instants de beauté et de convivialité.
    Cette fenêtre spatio-temporelle, que nous ouvrons, cette année, du 5 juin au 5 septembre,  plus symboliquement qu’effectivement – une grande partie de l’été se déroulera en effet sans manifestation aucune – voudrait témoigner d’une ouverture des cœurs.

    Je citais en tête de cet édito Lou Andréas-Salomé. Elle fut l’égérie de Nietzsche et de Rilke, entre autres. Freud, ébloui par son intelligence, la surnommait « la compreneuse ». C’était, elle aussi, à sa manière, une aventurière de l’abstraction. Elle appartenait à ces groupes plus ou moins formels de révolutionnaires qui, au tournant des XIXe et XXe siècles, tentèrent d’inverser le sens de l’histoire, laquelle se précipitait vers la matière, accélérant la chute de l’Occident. Leur geste passa inaperçu. S’imposa partout la rationalité comptable, l’économie marchande, l’égo et son chapelet de vices.

    Nous y voilà enfin rendus, confrontés à un virus qui s’adresse directement à notre matérialisme. Les discours absurdes autant que contradictoires que cette crise sanitaire génère et le désir d’échapper à l’enfermement auquel nous condamne le mensonge – entendez ici le pseudo, de ψευδής (pseudes) en grec, qui a le sens de faux, et dont chacun s’affuble désormais pour surfer sur le net – sont à l’origine de cette proposition festive.

    Pouvons-nous, grâce aux arts, réveiller nos âmes, nous rouvrir à ce plan suprasensible où elles se mettent à converser, reprenant l’écriture de dialogues très anciens restés en suspens, comme en attente de notre conversion ?

    C’est notre pari : nous approcher, au cours de cet été qui sera assurément encore bien trouble, chaque jour davantage de « nos authentiques moments de fête. »

    Nous ne comptons pas sur vous. Nous espérons en vous.

     Camille Laura VILLET

    [1] Lou Andreas-Salomé, Eros, Paris, Les Editions de minuit, p.96

    – Autres pensées et participations – 

    Luc Toubiana a lu Les Aventuriers de l’abstraction
    Note de lecture

    « Difficile, il est, de persuader la nature terrestre de changer,
    La mortalité supporte mal le toucher de l’éternel,
    Elle craint la pure intolérance divine
    De cet assaut d’éther et de feu,
    Elle murmure contre ce bonheur sans chagrin,
    Presque avec haine, repousse la lumière qu’IL apporte,
    Elle tremble devant son pouvoir de Vérité nue
    Et frémit devant la puissance et la douceur de sa Voix absolue. »

    Sri Aurobindo, Savitri,, Livre I, chant I., trad. Satprem, 1996

    Toujours il y eut cette révolte de la Nature contre la Surnature, cette aspiration du monde à sa propre apothéose, à sa propre béatification[1]. L’homme comme couronnement de son œuvre créatrice, son produit le plus achevé, dans les limites que ce monde-là consent à lui octroyer.
    Les soi-disant lois absolues de la Nature, auxquelles il se doit d’obéir.

    Mais il existe une autre révolte, comme un retournement.

    Celle de quelques poignées d’âmes aventureuses, qui chacune en son domaine, scientifique, artistique ou philosophique, tournent le dos au matérialisme, au naturalisme, avec pour seules richesses l’intensité et la sincérité de leurs quêtes, leur foi en la dimension métaphysique de nos vies.
    Car le temps n’est plus au retour à nos « vies d’avant » en consentant laborieusement à quelques améliorations pour nos enfants ou la planète. Qui peut sérieusement y croire encore…
    Le temps est à un changement bien plus radical. Ce changement porte un nom, l’entrée en l’âme de conscience, réceptacle des forces vives de l’Esprit, que notre évolution spirituelle nous réclame comme on réclame un dû. Et l’art comme l’une des passerelles vers cet autre territoire, notre patrie originelle et notre héritage.

    Ce changement, initié au XVème siècle, suppose la traversée d’une épreuve délicate et nécessaire : la traversée du matérialisme ; notre liberté spirituelle est à ce prix.
    Le XVème siècle fut un tournant historique, avec sa découverte des terres de l’ouest, du nouveau monde ; la montée en puissance de toute la civilisation anglo-saxonne et son rôle dans cette hasardeuse transition.
    Le danger de toute traversée est, pour nous, d’y sombrer corps et âme, étouffés par toutes ces machines issues de nos pensées mortes, sensées « augmenter » l’humain qui ne peut décidément rêver un futur sans l’aide d’exosquelettes. Nos vies entières, jusqu’à nos purs élans du cœur, réduites à des algorithmes binaires.

    Notre incurable barbarie[2].

    Ce danger ne nous guette même plus. Il est devenu notre quotidien.
    Inutile donc d’espérer le retour à cette « fameuse vie d’avant ». Aucun prêtre, religieux ou scientifique, ne pourra nous éviter de confronter l’épreuve.

    Car épreuve il y aura certainement. Elle a même en réalité déjà commencé.
    « La fin d’un stade de l’évolution est généralement marquée par une puissante recrudescence de tout ce qui doit SORTIR de l’évolution », nous rappelle encore Sri Aurobindo[3].

    Pouvoir accoucher d’autre chose, enfin.
    L’ivresse dionysiaque, seule, fera que nous dépasserons la sclérose annoncée.

    C’est donc l’histoire de quelques âmes aventureuses dont nous parle si puissamment Camille Laura Villet dans son livre : Les Aventuriers de l’abstraction[4], dans une explosion généreuse de concepts, anecdotes et confidences ; de mises en résonnances profondes entre philosophie, psychanalyse et mythologie, à lire et à relire pour en saisir toutes les subtiles cohérences.
    L’histoire de ces âmes qui voulaient faire retour à l’art véritable. L’art comme une relation vivante avec le monde spirituel, loin des frontières du naturalisme et de sa banalité dénuée de toute transcendance.
    Dans la peinture, derrière les lignes géométriques : la perspective retrouvée des couleurs.
    Et derrière les couleurs : le langage des dieux.
    Dans la sculpture, non pas le visible mais l’essence du visible.
    Dans la poésie épique, lyrique ou dramatique, sur les cordons nerveux de la secrète lyre d’Apollon, par-delà le rythme et la musicalité des mots : les harmonies de la musique des sphères.
    Et les chants de Dionysos, s’élevant des profondeurs souterraines de la terre, irriguent la force de volonté des hommes.
    Et les poètes-voyants, Rimbaud parmi ceux-ci évidemment[5], de délivrer « le mot inévitable, celui qui fait voir »[6].

    S’inspirer du combat de ces guerriers ultracontemporains, comme Camille Laura Villet les nomme, eux qui anticipent et éclairent si radicalement l’urgence de ces temps douloureux à vivre.
    À leurs oreilles le futur murmure secrètement ses visions impatientes, en attente de glorieuses incarnations.

    Luc TOUBIANA

    [1] E. Levinas, Cahier de l’Herne, 1991.
    [2]Sri Aurobindo, « Les machines sont nécessaires à l’humanité moderne en raison de notre incurable barbarie », Pensées et Aphorismes (1914-1920), n°383, trad. La Mère, 1974.
    [3] Sri Aurobindo, The Ideal of the Karmayogin (1909-1910), trad. Satprem, 1972.
    [4] Camille Laura Villet, Les Aventuriers de l’abstraction, Ed. L’Harmattan, 2020.
    [5] Arthur Rimbaud, « Lettres du voyant », mai 1871.
    [6] Sri Aurobindo, The Future Poetry (1917-1920), 9.24, trad. Satprem, 1996.

    En attendant que la situation sanitaire nous permette d’organiser une signature en bonne et due forme, nous vous rappelons que
    Les Aventuriers de l’abstraction sont

    en vente sur le site de l’éditeur

     – Agenda –

    Samedi 10 avril 2021 de 17h à 19h

    Les Couples mythiques
    Par Camille Laura Villet

    Jason et Médée

    Cette rencontre devrait se dérouler comme les précédentes sur Zoom.
    Un lien sera communiqué aux inscrits la semaine précédant notre rendez-vous.

    Inscription gratuite pour tous par mail à
    info@khora-imagination.com

    Un extrait du film de Pier Paolo Pasolini, Medea, avec La Callas dans le rôle titre

    Du vendredi 21 mai au lundi 24 mai 2021
    Stage professionnel de recherche théâtrale
    Par Gaia Saitta
    « Constellations »
    à l’Hôpital Rothschild, Paris 12e
    Programme détaillé à venir

    Du samedi 5 juin au dimanche 5 septembre 2021
    Festival d’été de Grez
    par Khôra Imagination
    avec le soutien de la mairie de Grez-sur-Loing
    et la collaboration des artistes
    Programme détaillé à venir

    La tenue de tous nos événements reste soumise à l’évolution de la crise sanitaire.

    Rappel

    Appel à écriture
    « Rien d’humain ne nous est étranger. »
    Ecrivez votre sentiment de la vie !

    Vous avez jusqu’au 30 avril 2021 pour nous adresser vos textes.
    Les œuvres sélectionnées seront lues par des comédiens, sur les bords du Loing dans le cadre du festival d’été.

    Merci

    Vos textes sont à adresser à info@khora-imagination.fr

    Crowdfunding

    Le festival de Grez-sur-Loing
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    Toutes vos propositions sont les bienvenues
    N’hésitez pas à nous en faire part 

    C’est en partageant nos envies que nous nous maintenons en vie.
    www.khora-imagination.fr
    info@khora-imagination.fr

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    1. Les couples mythiques

      10 avril @ 17 h 00 min - 19 h 00 min
    2. Festival d’été de Grez

      5 juin - 5 septembre
    3. Phantasia syracusaine

      5 juin - 6 juin
    4. Phantasia syracusaine

      12 juin - 13 juin