Face au mystère généré par ce mot : « Khôra », il m’est apparu nécessaire de spécifier le sens des activités que nous souhaitions développer en son cadre.

Résumé

Qu’est-ce l’art ?

Le mot vient du latin ars. Il signifie habilité, métier, connaissance technique. Dans l’art sont inclus la manière et le savoir faire… Nous parlons d’art de vivre… Est incluse également une certaine pratique… L’art suppose un exercice de l’art. Voilà qui nous rapproche de l’artisanat et de la technique. Technè, en grec ancien, renvoie à la production matérielle, à la fabrication donc. L’artisan – du menuisier au cordonnier, en passant par le cuisinier et le maréchal-ferrant – est celui qui transforme la matière, le bois, le cuir, le blé, le fer etc. afin de lui conférer une forme au service de l’homme. L’artisan nous rappelle que, contrairement à l’animal, nous ne sommes pas de ce monde mais simplement en ce monde. Entre nous et la nature, il est un écart qui nous rend irrémédiablement inadaptés à notre environnement et nous oblige à bâtir des ponts entre nous et ce qui nous entoure. L’homme ne peut simplement être. Il lui faut réinventer son essence pour produire une existence, pouvoir vivre et habiter la terre.

Bâtir des ponts est l’unique chemin d’humanisation possible. Et c’est un art ! En même temps qu’un artisanat. Tout art relève, à mon sens, de l’artisanat. Mais tout artisanat n’est pas de l’art. C’est à la fin du 19e siècle que l’appellation « arts décoratifs » consacre la valeur esthétique d’un certain artisanat. Toutefois, une commode Louis XV, même si elle sort de l’atelier du plus grand ébéniste de la cour, demeure une commode, c’est-à-dire un objet utilitaire. Alors qu’un tableau ou une sculpture, s’ils n’ont aucune fonction politique, ce qui va devenir de plus en plus le cas à partir de la fin du 19e siècle, ne servent a priori à rien.

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